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Poser une bonne question : ce qui change tout dans un tirage

On attribue beaucoup à la qualité d’un jeu, à l’ancienneté d’une méthode, à l’expérience de celui qui tire. On oublie presque toujours le facteur qui pèse le plus lourd : la question posée.

Les questions fermées ferment

« Est-ce qu’il va revenir ? » « Vais-je décrocher ce poste ? » « Est-ce que je dois accepter ? » Ces formulations attendent un oui ou un non. Elles placent la réponse entièrement à l’extérieur de vous et transforment les cartes en distributeur de verdicts.

Le problème n’est pas moral, il est pratique : ces questions produisent des tirages pauvres. Vous obtenez une image, vous cherchez si elle penche du bon côté, et vous passez à côté de tout ce qu’elle avait à dire. Pire, vous retirez jusqu’à obtenir la réponse souhaitée.

Ouvrir la question, c’est reprendre la main

Une question ouverte ne demande pas un verdict mais un éclairage. Elle suppose que vous êtes acteur de la situation, pas spectateur de son dénouement. Le glissement est minuscule dans les mots, considérable dans ce qu’il produit.

Trois reformulations à essayer

Plutôt que « Est-ce que je dois partir ? », demandez : qu’est-ce que ce départ me permettrait ?

Plutôt que « Est-ce que ce projet va marcher ? », demandez : de quoi ce projet a-t-il besoin de ma part ?

Plutôt que « Que pense-t-il de moi ? », demandez : qu’est-ce que j’attends vraiment de ce lien ?

Dans les trois cas, la question cesse d’interroger le destin pour interroger votre position. Et c’est là que les cartes deviennent utiles, parce qu’elles vous montrent ce que vous ne vous formulez pas.

Formuler avant de tirer

Prenez l’habitude d’énoncer la question à voix haute, ou de l’écrire, avant de toucher au jeu. L’exercice paraît anodin. Il ne l’est pas : très souvent, la question que vous croyiez avoir se révèle en cacher une autre, plus juste et plus inconfortable.

Quand cela arrive, vous avez déjà fait la moitié du travail. Le tirage ne fait plus que confirmer, préciser, ou déplacer légèrement ce que la formulation avait mis au jour.

Une dernière chose

Il n’y a pas de mauvaise question, seulement des questions qui ne vous rendent pas votre pouvoir de décision. Si vous sortez d’un tirage en vous sentant plus démuni qu’avant, ce n’est pas le jeu qu’il faut changer. C’est la question.

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